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LE CHÂTEAU DE MONTBRUN-BOCAGE

LE CHÂTEAU DE MONTBRUN BOCAGE.

         

L'origine du châ­teau de Montbrun-Bocage reste mal connue. D'après la légende, déjà à l'époque Carolingienne il y avait sur la butte un semblant de château, en bois certainement. Le chevalier Roland y serait venu se délasser des fatigues de la guerre, belle légende en effet.

                Plus sérieusement, à la lumière des recherches effectuées par M. Mignot, nouveau propriétaire, il semblerait qu’il ait été construit autour d’une église bénédictine fortifiée du XIe siècle, elle-même édifiée sur un site païen du VIIIe siècle.* Les moines entreprirent la mise en valeur des terres données par le comte de Foix vers 1065 ; pour les exploiter ils regroupèrent les tenanciers en créant des sauvetés qui offraient la sécurité aux habitants et d’autres avantages. Une de ces sauvetés existait probablement au pied de la butte du château et est devenue le village actuel. Après la croisade contre les Albigeois, les comtes de Comminges, de Foix et le vicomte de Couserans, pour faire barrage à l’empiétement du pouvoir royal, voulurent préciser les limites de leurs possessions et pour cela fortifièrent des villages existants ou créèrent des bastides. C'est ainsi qu'en 1246, les religieux de l’abbaye du Mas d’Azil se mirent sous la protection du comte de Foix, Roger IV, et lui abandonnèrent de nombreux biens parmi lesquels les droits sur les églises dont celle à Montbrun, située sur la butte dominant le village, et qui devint le château. C’est sans doute de cette époque que datent aussi les fortifications entourant le village.

                En 1261 Montbrun formait une seigneurie possédée  par Arnaud d'Espanha qui était aussi seigneur de Montbéraud, localité voisine de Montbrun. La seigneurie a appartenu ensuite à Anglaise de Montagut, fille de feu B. de Montagut. Elle avait épousé Giry d'Amplepoz, écuyer. C'est au nom d'Anglaise que la charte de Coutumes du 28 jan­vier 1280, fut octroyée aux habitants de Montbrun, par Giry d'Amplepoz, son mari. Anglaise épousa plus tard en secondes noces, Thibaut de Lévis (arrière petit fils de Guy I de Lévis, compagnon de Simon de Monfort) à qui elle apporta les deux seigneuries de Montbrun et de Pennes.

                De 1304 à 1447 la seigneurie appartient à la maison de Lévis dont le dernier héritier, Thibaut III, était fils de Charles de Comminges dit d_Espagne. Le  18 décembre 1447, Gabrielle fille de Thibaut héritait de la seigneurie de Montbrun. Gabrielle avait épousé Pons de Villemur, 5e descendant du vicomte de Villemur et Sénéchal, gouverneur de Foix, à une date proche du 4 août 1424. En 1478 le fils aîné de Pons, Gaspard II de Villemur était dit seigneur unique de Montbrun. Il était allié à demoiselle de Mauléon, puis en 1478 à Marguerite de Faudoas, enfin à Rose d'Armagnac.

         Durant le XVIe siècle la famille de Villemur régna sur la seigneurie de Montbrun et transforma le château fort en construisant un corps de logis dont il reste quelques ruines. D'abord Jean de Villemur fils de Gaspard, ensuite François fils de Jean et enfin Bertrand fils aîné de François qui fut le dernier descendant mâle de la famille. Il fut blessé en 1570 d'un coup d'arquebuse à la cuisse, au siège du Carla et mourut des suites de sa blessure peu de temps après, la même année. Il fut enterré à Montbrun. Il faut noter que la grande cloche de l'église, datée de 1594, et qui pèse 450 kg, a pour marraine Anne de Villemur, épouse du seigneur de Bellegarde et soeur de Bertrand, avec son fils Roger, grand écuyer de France.

                Vers 1670 le château est en fort piteux état. Monsieur de Froidour, envoyé dans les Pyrénées par Louis XIV pour mettre de l’ordre dans les forêts royales, y remarque les restes du château primitif sous la forme d’une tour carrée renfermant l'escalier et défendue par des meurtrières et d’un méchant corps de logis auquel on accède par un perron tout brisé. Auprès de ces vestiges, le nouveau château n'est qu'un corps de logis avec une petite cour fort étroite. Il n'a plus rien de redoutable et est très délabré. Il appartient à la famille De Bellegarde de Gondrin.

                Au moment de la Révolution Jean de Courdurier est seigneur de Montbrun. Puis le château devient la propriété de la famille de Lapasse, installée à Montbrun depuis qu’en 1478  Sicard de Lapasse ayant acquis, par son mariage avec Catherine de Cazalets, un fief à Montbrun, rendit hommage le 10 juin à noble Gaspard de Villemur, seigneur de Montbrun, Saint Pol et Pailhès. Le château est restauré au début du XIXe siècle puis devient ensuite la propriété de la famille Miramont par le mariage de Louis Jacques Paul Auguste Miramont, notaire royal à Labastide de Besplas avec Lizette Emilie de Lapasse dernière héritière du château en 1872.

                M. Adoue, instituteur à Montbrun, note dans une monographie rédigée en 1885, que  les trois quarts de la construction sont encore intacts. Il constitue encore une demeure somptueuse avec au deuxième étage de la tour ouest, le lit du seigneur, lit à colonnes qui montent en s'arc-boutant de façon à former un beau ciel

               Le château a été abandonné au lendemain de la Grande Guerre et est tombé en ruines, ruines imposantes encore qui constituent un témoignage de la richesse et de la puissance des seigneurs de Montbrun.

* - D’après J.Charles Mignot cette église serait l’église saint Martin citée dans le texte  Ecclesia de Mont Bonens  du cartulaire du Mas d’Azil ; donnée aux moines par Amélius vers 1100, fortifiée par eux, puis désacralisée elle serait devenue la propriété du comte de Foix et confiée par lui à un fidèle baron. Sous celle-ci existerait une église primitive dédiée à la vierge Marie.

 

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